Advocacy, chapitre 3 !

Advocacy, chapitre 3 ! L’un des types d’individus auprès desquelles doit s’exercer efficacement l’advocacy est sans nul doute les personnes qui ne fréquentent aucune bibliothèque. Quelle représentation s’en font-elles ?

 

TMO Régions, institut d’études, avait été chargé en 2016 de l’enquête sur les publics et les usages des bibliothèques et avait conclu à un contexte favorable : 40 % des Français ont fréquenté au moins une fois par an une bibliothèque municipale, 25 % une fois par mois et 87 % une fois dans leur vie. La fréquentation a augmenté de 14 % en 20 ans pendant que le nombre de non usagers a baissé de 10 %. Il est à remarquer qu’un tiers des usagers vient pour des pratiques sur place et que l’écart s’est réduit entre diplômés et classes aisées d’une part, employés, ouvriers et peu diplômés d’autre part.
Qui donc sont ces « non fréquentants » ? Jacques Bonneau de TMO Régions a dévoilé, lors de sa conférence au congrès de l’Association des Bibliothécaires de France, les premiers résultats d’une seconde enquête qui dresse leur profil. Il s’agit surtout des 35-59 ans. Une part importante d’entre eux était « fréquentante » : 39 % venaient une fois par mois. L’effet « couple » ne joue guère : seulement 10 % des non usagers vivent avec un conjoint qui fréquente une bibliothèque. Par contre, l’effet « enfant » est incontestable : 47 % des non usagers ont des enfants qui fréquentent une bibliothèque. Assez logiquement, beaucoup de non usagers ne connaissent pas ou mal l'offre de services de la bibliothèque proche de chez eux. Cependant, parmi ceux qui se sont exprimés aux enquêteurs, une écrasante majorité a une image positive des bibliothèques municipales et seuls 2 % jugent qu’elles ne constituent pas un service utile à tous.

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La perception de l’intérêt des bibliothèques à l’heure de l’explosion de l’usage d’internet mérite que l’on y prête attention.

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Un peu plus d’un tiers des interrogés jugent que les bibliothèques sont moins utiles qu’avant. Cependant, ce chiffre est une moyenne car, quand on examine les réponses par âges, la courbe dégringole de 48 à 24 % entre les jeunes et les seniors.
En conclusion, Jacques Bonneau indiquait à ses auditeurs que, sans y avoir mis les pieds ou en les ayant désertées depuis un moment, la grosse majorité des répondants perçoit positivement les bibliothèques publiques et considère qu’elles sont utiles, en particulier aux générations futures. Bref, une bonne image mais un service… pour les autres !
Il est plus que vraisemblable qu’une enquête belge révélerait des données assez semblables. Il est donc temps 1) de s’atteler à reconquérir les anciens usagers, 2) de séduire les parents des petits, 3) de faire des efforts d’accessibilité (horaires, signalétique urbaine, communication, transports…) et d’accès (accueil et médiation, non cloisonnement des lieux, ouverture à d’autres services, partenariats avec des associations en lien avec certains publics…). Tels sont déjà, me direz-vous, les règles en filigrane dans notre législation. Encore faut-il que les décideurs politiques nous donnent les moyens de l’appliquer… On en revient à l’advocacy : convaincre les populations de nos territoires et convaincre aussi ceux qui nous gouvernent à tous niveaux ! Le parcours de formation initié par l’APBFB a pour ambition d’aider le personnel des bibliothèques à relever ces défis !
Et pour finir sur une note encourageante – digne de figurer dans nos plaidoyers ! –, arrêtons de clamer que nous avons 15 à 20 % d’usagers quand 40 % de la population fréquente nos institutions.

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