La Commission Jeunesse aux Archives de l’État à Namur

 

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Tous les mois, la Commission Jeunesse se réunit ici et là en Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle est tantôt accueillie dans l’institution de l’un des membres, tantôt ailleurs. La dernière réunion de l’année 2014 était l’occasion pour le groupe de sortir des sentiers battus et de profiter de la réunion mensuelle pour découvrir les Archives de l’État de Namur. Focus sur cette visite particulière.

 

À l’initiative de Valérie Verstraelen, c’est à Namur que s’est tenue la réunion du 2 décembre 2014. Les Archives de l’État y sont présentes depuis 1848 mais bénéficient depuis peu de nouvelles infrastructures. L’ancien bâtiment ne répondait effectivement plus aux normes et la surface disponible y était insuffisante. La construction d’un nouveau bâtiment dédié aux Archives a donc débuté en 2012 boulevard Cauchy, le long du chemin de fer. L’équipe s’est installée il y a presqu’un an dans cet imposant et très moderne bâtiment d’une surface totale de 9.500m2.

 

 

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Façade du bâtiment des Archives de l’État à Namur

(Photo : Archives générales du Royaume, Archives de l’État à Namur)

 

 

Les objectifs que poursuit le groupe de bibliothécaires pour cette visite professionnelle sont multiples : prendre connaissance des missions dévolues à ce métier ; évaluer les mutations que connaît actuellement cette profession mais aussi s’immerger au cœur d’un bâtiment flambant neuf dont l’agencement est en totale adéquation avec les missions des services qu’il héberge.

 

 

Les missions des Archives de l’État à Namur

 

La visite s’est déroulée sous la conduite d’Emmanuel Bodart, chef de service des Archives de l’État à Namur, qui est d’abord revenu sur les missions d’une telle infrastructure. Les Archives de l’État, établissement scientifique fédéral belge, sont composées des Archives générales du Royaume à Bruxelles et de 18 dépôts à travers le pays, dont celui de Namur. Ce dernier lieu gère et rassemble les archives provenant des institutions ou personnes ancrées à un moment-donné sur le sol de la province de Namur. Un des premiers rôles de ce service décentralisé est donc d’acquérir et de conserver les archives historiques publiques, ainsi que les archives du secteur privé et des particuliers qui ont joué un rôle dans la vie sociale. Une seconde mission réside dans la surveillance des archives des services publics et passe principalement par des recommandations et conseils en matière de gestion archivistique et d’élagage. La mise à disposition de documents au public constitue également l’une des missions des Archives de l’État. Elles veillent à l’accompagnement des recherches sur des aspects variés : historiques, culturels et scientifiques, mais aussi administratifs et juridiques.

 

 

Visite commentée

 

L’infrastructure flambant neuve comprend essentiellement un très important espace d’archivage, une bibliothèque, une salle de lecture très lumineuse, une salle de tri, une salle de séminaire et un bel espace d’expositions aux accents contemporains. Pendant une heure-trente, les bibliothécaires présents écoutent les explications du Chef de Travaux, indiscutablement passionné par son métier ;  pénètrent dans des locaux habituellement inaccessibles au public et sont plongés au cœur de l’agencement de cette étonnante construction rationnelle qui, par la température qui y règne à certains endroits, revêt des accents un peu réfrigérants… Mais le climat de convivialité de la rencontre atténue peu à peu cette impression et, c’est avec beaucoup d’intérêt que l’ensemble du groupe prend connaissance de la conception du lieu en totale adéquation avec les attentes du personnel : une réalité qui laisse perplexe certains bibliothécaires. En effet, l’agencement est tel qu’il doit permettre aux archivistes de mieux répondre aux exigences actuelles de rationalisation de leur activité et de correspondre aux nouvelles normes de conservation.

 

Le parcours débute par le local technique situé au quatrième étage. Cette visite n’est pas anodine au vu de l’importance de la climatisation pour la conservation : la température et l’humidité y sont contrôlées automatiquement dans le respect des plages de conservation des documents. La production de chaleur est assurée par deux petites chaudières à gaz à condensation qui couvrent les 9500 m2 de surface utile. L’isolation est très importante. C’est un bâtiment à la limite du passif. Le conditionnement d’air concerne l’espace d’archives qui exige une variation très faible de température pour la conservation : 18° pour que ne se développe pas de micro-organisme et 55% d’humidité exigés pour la conservation idéale du papier.

 

Nous pénétrons ensuite dans le bloc comprenant les locaux de conservation situés à l’arrière, côté chemin de fer. C’est le système des « compactus » qui est utilisé et il n’y a presque plus de rayonnages fixes. Grâce à la numérotation, chaque fonds d’archives est bien identifié. Actuellement, 14 km linéaires d’archives sont occupés dans un espace qui peut en contenir 35 km.

 

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Notre présence dans ces locaux d’archivage est l’occasion, pour le Chef de Service, d’aborder la conception du bâtiment. En fait, l’ensemble du bâtiment se compose de deux constructions accolées les unes aux autres :

  • L’arrière : totalement sans fenêtres, et donc sans lumière, côté chemin de fer, est la zone réservée aux archives. Ces magasins, aux portes de couleurs différentes en fonction des étages, sont distribués verticalement par une gaine de deux monte-charges situés au centre du bâtiment.
  • En façade :une zone avec fenêtres et ouverte au public et pour le personnel.

C’est précisément vers cette zone moins réfrigérante que nous nous dirigeons ensuite. On se réjouit d’arriver dans la zone avec fenêtres, la température y est plus clémente et une bonne isolation phonique y règne malgré le boulevard très proche.

 

Ensuite, nous nous rendons à la bibliothèque d’histoire namuroise et administrative au troisième étage dont les collections sont accessibles uniquement en salle de lecture. Celle-ci n’est pas encore totalement opérationnelle. Un important élagage est en effet en cours : il s’agit de traquer les doublons présents dans d’autres bibliothèques namuroises ! 

 

Passons dans la salle de lecture, en tout cas, nous nous en approchons car le silence y est, bien entendu, de mise ! Le lieu esttrès spacieux, aéré avec des sièges très modernes et de couleur pouvant accueillir 60 personnes. Larges fenêtres, comptoir d’accueil, la distribution est régulière et a lieu toutes les demi-heures, PC en salle de lecture, inventaire. La salle de lecture accueille principalement les chercheurs : des étudiants de l’université et des particuliers.

 

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Salle de lecture

(Photo : Archives générales du Royaume, Archives de l’État à Namur)

 

Enfin, voici la salle de tri : deuxième cœur d’activité avec la salle de lecture. Ici, on effectue l’état sanitaire d’un document, on le place dans une boîte anti acide que l’on classe ensuite. C’est un cœur primordial des activités. Celui-ci a connu récemment d’importantes rationalisations dans son organisation car depuis 10 ans, une réforme du système a eu lieu. « En effet, avant, chacun faisait un peu à sa mode, conclut le responsable. Or maintenant, c’est beaucoup plus rigoureux car on effectue les inventaires suivant des normes très précises et validées internationalement.»

 

Enfin, nous terminons cette visite par le hall d’entrée : vaste espace d’expositions et qui accueille des photographies d’artistes contemporains jouant sur le thème du contraste et du dialogue existant entre l’ancien bâtiment et le nouveau. D’autres expos sont prévues avec vitrines et panneaux. Cette exposition met en lumière la collaboration que les Archives de l’Etat à Namur ont créé avec des asbl  namuroises dans un souci d’ouvertures dont l’asbl APN (Archives Photographiques Namuroises) qui apporte d’importants fonds photographiques namurois allant du milieu du XIXe siècle à 1990. Cette coopération vise la valorisation conjointe de sources historiques complémentaires à celles traditionnellement conservées aux Archives de l’Etat et particulièrement attrayantes pour le public namurois. Les APN mettent à disposition de la salle de lecture numérique des photos déjà scannées et organisent annuellement une exposition en valorisant les fonds photographiques.

 

En fin de parcours, un dialogue très productif entre Emmanuel Bodart et les bibliothécaires présents vient clôturer cette immersion dans l’univers des archives et débouche sur une mise en lumière des points communs existant entre les deux professions, archivistes et bibliothécaires ; sur une comparaison entre les différentes missions qui incombent aux deux professions et sur un éclairage des exigences actuelles de ces métiers, tous deux, en mutation.  

 

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La question de la numérisation se pose évidemment. Emmanuel Bodart explique qu’ils ont commencé à numériser des documents, facilitant la consultation, mais que le problème lié à cette mission  préoccupe le personnel obligé de faire des choix, faute de mains d’œuvre. Ils privilégient les Plans et les Ressources généalogiques. Le Chef de Service évoque également la nouvelle politique administrative promue par le gouvernement fédéral et qui concerne le « less paper ».

 

Le groupe s’interroge également sur les qualifications du personnel. Parmi les 9 membres du personnel, on retrouve des historiens avec une spécialisation d’archiviste, du personnel technique et administratif, une restauratrice de documents, des bibliothécaires, auxquels s’ajoutent des bénévoles. Puisque l’équipe est relativement petite, chacun est amené à s’occuper de tâches variées.   

 

Une comparaison entre les professions de bibliothécaire et d’archiviste est ensuite posée. La façon d’archiver est bien différente de celle opérée par un bibliothécaire. Ici, on lie toujours l’archive à son producteur et on ne déstructure jamais un fonds d’archives même s’il s’agit de créer un dossier thématique par exemple : ce qui n’est pas le cas pour un bibliothécaire.

 

On ressent aussi un important esprit d’ouverture, une volontéde partir à la recherche de nouveaux publics, à l’instar des missions des bibliothécaires… Cet esprit d’ouverture est bien présent et l’exemple le plus évident est l’espace d’exposition, au rez-de-chaussée ainsi que la collaboration avec l’asbl des APN qui ouvre un nouvel espace d’archives iconographiques. « Nous sommes ouverts aux demandes de visites, dans la mesure de nos disponibilités » conclut le Chef de Service. Il nous arrive d’accueillir des classes et cela fait partie de nos préoccupations de promouvoir des animations qui mettent les archives à la disposition d’un nouveau public ».

 

La rencontre entre les bibliothécaires et Emmanuel Bodart se termine par une présentation, par Jean-Luc Cappelle, de la Commision jeunesse APBD, ses objectifs et le travail de sélection que le groupe mène depuis maintenant presque… 40 ans ! 

 

Françoise Vanesse

 

Pour en savoir plus : le site des Archives de l'Etat en Belgique

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